Le point de vue de l'association

Critique : "Les Enfants du temps"

11 février 2020

Un magnifique film d’animation japonais qui saura séduire les non-initiés.

« Tokyo, ça craint ! » Voici le leitmotiv de Hodaka alors qu’il erre sous la pluie de la capitale nippone. Cet adolescent a fui son île natale et arrive finalement à trouver sa place et un travail. Mais sa vie change véritablement quand il rencontre Hina…

 

Ce film mêle habilement la modernité de la société japonaise du XXIème siècle et les traditions ancestrales du pays. Que ce soit au niveau des personnages, que l’on découvre progressivement et auquel on s’attache d’autant plus, du message environnemental ou de l’histoire d’amour, tous les ingrédients sont parfaitement dosés. Elément non négligeable, la musique accompagne et amplifie les émotions. Enfin, les images sont superbes, lumineuses et d’une poésie irrésistible. Le spectateur ressort du film ébloui comme revenant d’un long voyage entre terre et ciel.

 

En 15 ans et 5 longs-métrages, Makoto Shinkai s’est imposé comme l’un des meilleurs réalisateurs de « japanimation » de la nouvelle génération. Successeur de l’iconique Hayao Miyazaki, il apporte un nouveau ton et une modernité unanimement salués et qui renforce le message écologique, indissociable du genre.

Par Simon Chevalier

Biographie : Jacques Becker

5 février 2020

Il y a 60 ans, disparaissait prématurément l’un des meilleurs cinéastes français de l’après-guerre. Retour sur la carrière de Jacques Becker.

Né en 1906 d’un père administrateur de société et d’une mère anglaise propriétaire d’une maison de couture, Jacques Becker ne connaît tout d’abord du monde de l’art que l’ami de ses parents, Paul Cézanne, le fils du célèbre peintre. C’est chez lui, alors qu’il a 15 ans, qu’il rencontre Jean Renoir, futur cinéaste et autre descendant d’impressionniste. Mais pour l’heure, sur insistance parentale, il est obligé de travailler dans l’entreprise paternelle où il s’ennuie profondément. Finissant par quitter définitivement son poste, il retrouve par hasard Jean Renoir le jour même de sa démission alors que celui-ci tourne un film en extérieur. Nous sommes alors en 1931 et, à 25 ans, Jacques Becker a trouvé sa voie en devenant l’assistant du réalisateur de « La Grande Illusion ».

Il réalise son premier film, un court-métrage, en 1935. Puis, l’année suivante, écrit un scénario de long-métrage mais son producteur, inquiet par l’inexpérience du trentenaire confie le projet à l’ami Jean Renoir. S’ensuivra une brouille passagère entre les deux hommes. En 1938, nouveau projet de film « L’or du Cristobal » mais le tournage doit être interrompu, faute de moyens et devant le refus du cinéaste de bâcler son œuvre. Ses producteurs profiteront de son départ à la guerre pour le remplacer et finir le film. Il faudra attendre 1942 et le retour de celui qui fut prisonnier lors du conflit mondial pour qu’un long-métrage signé Jacques Becker voit le jour : « Dernier atout ».

En 1943, « Goupi Mains Rouges » sort sur les écrans et reste jusqu’à aujourd’hui un film de son époque retraçant parfaitement l’ambiance sombre et le moral des français sous l’Occupation. Après guerre, Jacques Becker s’impose comme le cinéaste français « par excellence » en réalisant plusieurs œuvres qui, paradoxalement, sont des échecs commerciaux. « Casque d’or » en 1952 offre un rôle de prostituée magnifique à la lumineuse Simone Signoret. « Rue de l’Estrapade » en 1953 marque notamment par la présence du premier personnage bisexuel de l’histoire du cinéma français grand public.

 

En 1954, conquis par le livre d’Albert Simonin et persuadé que son adaptation peut être son premier succès depuis longtemps, Jacques Becker signe « Touchez pas au grisbi » avec un casting parfait : un Jean Gabin qui renaît de ses cendres et débute ainsi une seconde carrière et un débutant prometteur nommé Lino Ventura. L’occasion aussi de faire débuter son fils qui suit ses traces en tant qu’assistant mise en scène : Jean Becker deviendra par la suite le réalisateur de « L’été meurtrier » et des « Enfants du Marais » entre autres. Le succès est effectivement au rendez-vous avec plus de 4,5 Millions de spectateurs en France et plus de 2 Millions en Italie.

En 1957, Jacques Becker épouse l’actrice Françoise Fabian, de 27 ans sa cadette, avec qui il n’a pourtant jamais tourné. Ils seront les parents d’une petite Marie 2 ans plus tard. Le cinéaste décède brutalement le 21 Février 1960 d’une maladie héréditaire alors qu’il venait de terminer son chef d’œuvre, « Le Trou ». Il aura réalisé 13 films en 18 ans, fait tourner Fernandel et Gérard Philipe et aura inspiré François Truffaut. Une carrière qui mérite sa mise à l’honneur tout au long de ce mois de Février au Cinéma François Truffaut.

Par Simon Chevalier

Critique : « Revenir » de Jessica Palud

28 janvier 2020

Un premier film d’une moiteur incandescente

Thomas est de retour dans la ferme où il a grandi car sa mère est au plus mal. Avec son père, le dialogue est toujours impossible et son frère n’est plus là. Il fait alors la connaissance de son neveu Alex et de sa mère Mona…

 

Après 2 courts-métrages, Jessica Palud signe un premier long d’une rare intensité. Plongé au sein d’une famille désunie, le spectateur suit pas à pas Niels Schneider et entre en empathie totale avec ce héros meurtri qui tente de retrouver une place auprès des siens.  Quant à Adèle Exarchopoulos, elle exhale ici toute sa sensualité brute dans un personnage à la fois décalé et totalement à sa place au sein de sa belle-famille. Leur duo est extrêmement touchant car ce sont des personnages qui se découvrent tout en partageant un passé douloureux et un attachement pour l’enfant qui les relie comme un trait d’union voulu par l’absent. De plus, en filmant au plus près des corps, la jeune réalisatrice crée une tension renforcée par l’atmosphère caniculaire pesante. Un film qui marque aussi par sa fin ouverte : peu importe si le héros reste ou non, l’important, c’est de revenir.

 

Au-delà de l’histoire de famille, Jessica Palud réalise aussi un film sur le monde paysan aussi réaliste que touchant. Un monde où la parole est rare, essentielle comme le casting de ce film qui compte très peu d’acteurs mais tous d’une justesse remarquable.

Par Simon Chevalier

Un roman au cinéma : « Les Quatre filles du Docteur March »

21 janvier 2020

Œuvre littéraire de 1868, « Les quatre filles du Docteur March » a fait l’objet de nombre d’adaptations sur grand écran depuis plus d’un siècle. Alors que la dernière en date est programmée au Cinéma François Truffaut, retour sur les 5 précédentes versions.

Ecrit par Louisa May Alcott quelques années après la fin de la Guerre de Sécession, le roman raconte le quotidien de quatre sœurs durant ce conflit. Il connut un énorme succès car bon nombre de familles américaines se reconnurent dans les péripéties de ces héroïnes.

La première adaptation au cinéma date de 1918 avec un film muet de Harley Knoles mais la plus célèbre est celle de 1933. George Cukor, qui deviendra un maître de la comédie hollywoodienne des années 50 et 60, découvre le livre sur lequel il a des a priori, le croyant mièvre et sentimental. Mais il se rend compte que c’est une fresque merveilleuse et décide donc d’en faire un long-métrage. Au casting, Katharine Hepburn que le réalisateur a fait débuter l’année précédente et qui sera son actrice fétiche tout au long de sa carrière. Le film est un grand succès et lance la mode des adaptations littéraires, George Cukor signant 3 ans plus tard « Roméo et Juliette ».

En 1949, Mervyn LeRoy réalise sa propre version avec les futures stars Elisabeth Taylor et Janet Leigh âgées respectivement de 17 et 22 ans. En 1994, une nouvelle génération d’actrices s’empare de ces rôles emblématiques devant la caméra de Gillian Armstrong. Kirsten Dunst, Claire Danes et surtout Winona Ryder qui est nommée aux Oscars dans la catégorie Meilleure Actrice. Distingué également pour ses costumes et sa musique, le film repartira bredouille. A noter également, la présence de Susan Sarandon qui incarne la mère des quatre sœurs.

Enfin, en 2018, à l’occasion du 150ème anniversaire de l’œuvre originale, une version contemporaine est réalisée mais, faute de casting porteur, est un échec commercial avec 3,7 millions de dollars de recettes alors que le film en a coûté 30 millions.

Aujourd’hui, la sixième adaptation réunit la fine fleur des jeunes acteurs hollywoodiens – Emma Watson, Saoirse Ronan, Florence Pugh, Timothée Chalamet… - mais également le français Louis Garrel et les stars Meryl Streep et Laura Dern. En attendant le résultat au box-office, le film peut déjà s’enorgueillir de 6 nominations aux Oscars dont Meilleur film.

Par Simon Chevalier

Critique : Le Dernier Empereur

14 janvier 2020

Une magnifique fresque historique autour d’un destin extraordinaire

Nous sommes en 1950, à la frontière sino-russe. D’un train de prisonniers, presque anonyme au milieu de ses compagnons d’infortune, descend Puyi, le dernier empereur de Chine. Enfant souverain dès l’âge de 3 ans, comment traverse-t-il cette première moitié du XXème siècle ? Constamment dépassé par son statut, il restera sa vie durant prisonnier de la symbolique de son titre…

 

En 1987, Bernardo Bertolucci signe le chef d’œuvre de sa carrière en retraçant le destin d’un enfant empereur né dans des fastes moyenâgeux avant de connaître les sinistres prisons de la Chine communiste. Composé de flash-backs, le film se nourrit du paradoxe entre les époques avec une virtuosité remarquable. Premier long-métrage occidental à pouvoir être tourné dans la Cité Interdite grâce à la collaboration des autorités chinoises, il bat tous les records avec 19000 figurants, 9000 costumes et 300 techniciens. Le succès sera international et 9 Oscars viendront couronner des années de travail – le seul tournage ayant duré 6 mois.

 

Si les puristes regretteront les libertés prises avec la réalité historique, la majorité des spectateurs ressortiront de ce film à la fois éblouis par la magnificence du travail réalisé qu’émus par le destin d’un homme qui n’aura pas choisi sa vie et aura passé son existence à surnager dans les flots tempétueux de l’Histoire…

Par Simon Chevalier

Interview : Suzanne de Baecque

7 janvier 2020

La jeune actrice nous parle avec passion de sa vocation et de son premier long-métrage « Les Éblouis » de Sarah Suco.

Comment t’es venue ton envie d’être comédienne ?

C’était un désir d’enfance. Très jeune, je faisais des spectacles avec mes sœurs pour mes grands-parents et des films avec une amie. On avait un petit caméscope et on écrivait des histoires, on improvisait, influencées par les films qu’on pouvait voir. Du coup, mes parents m’ont inscrit dans un cours de théâtre de quartier et je me souviens que je prenais ça très au sérieux, ce n’était pas une simple activité extrascolaire. Quand je n’étais pas satisfaite, je me mettais dans tous mes états.

 

Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs de ce métier ?

Le pire, c’est vraiment les concours d’entrée, que ça soit au Cours Florent ou au Conservatoire : on se met la pression et ce qui est très déstabilisant, c’est que le théâtre, ce pour quoi on veut faire ce métier n’existe quasiment plus. Il n’y a pas de sensation de liberté, pas de rapport au public, pas de travail collectif, juste une compétition où on doit se remettre en question face à des gens qui ont le pouvoir de casser nos rêves. En même temps, ce sont des étapes qui nous font progresser et on assimile beaucoup et rapidement.

Le meilleur, que ça soit en répétitions, en représentations ou en tournages, c’est ce que j’appelle « l’éclat de jeu » : quand il y a une totale connexion entre les partenaires et le metteur en scène, que la puissance est au rendez-vous, ce sont vraiment les plus belles sensations de ma vie. Et ce n’est pas une question de performance mais vraiment de connexion.

Tu es à l’affiche des « Eblouis » de Sarah Suco. Que peux-tu nous dire sur ce film ?

C’était mon premier tournage et ce fut une expérience magnifique qui restera gravée. Ce qui est fort, c’est que c’était également le premier film de Sarah et de Céleste Brunnquell, l’actrice principale. Du coup, tout le monde a eu cette sensation de se lancer dans le vide même Camille Cottin et Jean-Pierre Daroussin, flippant dans son rôle de gourou, qui ont changé de registre pour porter cette histoire vraie qui est celle de la cinéaste. On était tous très humbles et on a vécu comme un combat le fait de jouer ses personnages qui sont embrigadés dans une communauté sectaire. Et c’est pour ce message, pour donner une visibilité à ces 60000 enfants qui sont aujourd’hui maltraités dans des sectes qu’il faut aller voir ce film qui a très bien marché en festivals. Sensible, à fleur de peau, il ne tombe jamais dans le manichéisme car il montre la perdition des gens tout en étant un récit d’adolescence, l’histoire d’une jeune fille qui s’émancipe de ses parents toxiques.

Lors du tournage, j’ai beaucoup appris en côtoyant Camille Cottin. Elle est impressionnante dans le drame et je remercie Sarah Suco de m’avoir permis de vivre cette expérience tellement formatrice. Même si j’ai un rôle secondaire, mon personnage a une scène extrêmement forte dans laquelle il y a ce fameux « éclat de jeu » évoqué plus haut.

Pour résumer, il faut aller voir « Les Éblouis » pour partager la sensibilité de Sarah, découvrir le formidable talent de Céleste Brunnquell, redécouvrir Camille Cottin et Jean-Pierre Daroussin tels qu’on ne les a jamais vus mais également soutenir un combat dans un moment compliqué pour les organisations qui luttent contre les dérives sectaires et qui voient leurs subventions baisser dramatiquement.

Par Simon Chevalier

Critique : « Starcrash : Le Choc des Etoiles »

17 décembre 2019

Ce « Star Wars » version nanar est à voir avec second degré et un état d’esprit joyeusement régressif.

Stella Star et Akton sont des aventuriers qui sillonnent l’Univers et narguent la police. Après une dernière provocation, ils sont condamnés à des peines de travaux forcés. Mais l’Empereur, lui-même, les fait libérer pour leur confier une mission…

 

Sorti en 1978, soit un an après « La Guerre des étoiles », ce film est représentatif d’une époque, celle du début des effets spéciaux. Assumant leur côté bricolé, il n’a pas non plus de problèmes avec le surjeu des acteurs ou la misogynie dans laquelle baignent les personnages féminins avec une héroïne constamment dévêtue. En fait, seule compte l’intrigue fantastique comme si le fait de placer l’œuvre dans le domaine de la science-fiction autorisait tout et permettait toutes les maladresses. Pour cela, rien de tel que l’abus d’images d’étoiles sur fond noir ou encore de batailles laser qui n’en finissent pas.

 

Parfait exemple de film d’exploitation, à savoir une œuvre qui a été tournée avec peu de moyens et a privilégié l’efficacité à la qualité, « Starcrash » est, pour le spectateur du 21ème siècle, un ovni rétro à découvrir pour s’amuser des excentricités de nos aînés.

Par Simon Chevalier

Portraits croisés : Robert Guédiguian - Jean-Pierre Darroussin

10 décembre 2019

Réalisateur fidèle, Robert Guédiguian a su construire une véritable famille de cinéma dont l’acteur Jean-Pierre Darroussin est un membre éminent. Mais saviez-vous que ces deux-là sont nés à 1 journée d’intervalle ? Petits portraits croisés à l’occasion de leur 17ème film en commun…

Né le 3 Décembre 1953 à Marseille, ville qu’il ne cesse de mettre en scène, Robert Guédiguian est fils d’ouvrier électricien d’origine arménienne. Le lendemain, à Courbevoie, vient au monde Jean-Pierre Darroussin, également fils d’ouvrier. Tous deux grandissent à près de 800 km de distance mais dans les mêmes idéaux communistes : le futur cinéaste vendra l’Humanité quand le futur comédien fondera une coopérative militante.

C’est Ariane Ascaride qui sera le lien entre les deux artistes. Elle rencontre Robert Guédiguian dans les années 1970 à la fac d’Aix-en-Provence et l’épouse. Ce dernier ne se voit pas encore dans le cinéma et s’imagine plutôt intellectuel. La jeune femme monte ensuite à Paris et intègre le Conservatoire d’Art Dramatique où elle fait la connaissance d’un Jean-Pierre Darroussin qui a découvert le théâtre au lycée. Ils débutent tous les deux sur grand écran quelques années plus tard en même temps que leur futur metteur en scène perd ses idéaux politiques et se lance à son tour dans le 7ème art.

Mais ce n’est qu’en 1985 que Robert Guédiguian fait tourner pour la première fois Jean-Pierre Darroussin dans « Ki Lo Sa ? ». Durant les 34 années suivantes, ils feront 17 films ensemble sur les 21 qui composent la filmographie du réalisateur avec, comme point d’orgue, « Marius et Jeannette », gros succès de l’année 1997 avec plus de 2,5 Millions de spectateurs. Leur dernière collaboration, « Gloria Mundi » est une fois de plus baignée d’humanité et peuplée de personnages plus attachants les uns que les autres.

Quand Jean-Pierre Darroussin évoque son histoire de cinéma avec Robert Guédiguian, il dit qu’ils sont sur la même longueur d’ondes, qu’ils se font confiance et se comprennent très vite : Rien d’étonnant quand on connaît leurs parcours qui font d’eux des « Jumeaux du 7ème art ».

Par Simon Chevalier

Critique : « Chanson douce »

3 décembre 2019

Un rôle exceptionnel de « Super Nanny » pour Karin Viard

 

Jeune couple parisien venant d’avoir leur deuxième enfant, Myriam et Paul se mettent à la recherche d’une nourrice afin de seconder la jeune mère de famille et lui permettre de retrouver une activité professionnelle. Ils trouvent la perle rare en la personne de Louise : expérimentée, dévouée, adorée par les petits, elle semble parfaite. Mais petit à petit, un malaise s’installe…

Adaptation du roman éponyme de Leïla Slimani, Prix Goncourt 2016, ce thriller est diaboliquement efficace. Le scénario, écrit par la réalisatrice Lucie Borleteau mais également par Jérémie Elkaïm et Maïwenn, joue sur la grande intimité qu’ouvre nombre de parents à des nourrices qui ne sont, finalement, que des inconnues. Dans un univers propre et sain, est introduit une femme qui semble convenir parfaitement à ce milieu : impeccablement coiffée, habillée d’un uniforme qui la sacralise, elle apporte un cadre aussi bien aux enfants qu’aux adultes qui l’emploient. Mais si elle n’était pas ce qu’elle semble être ? Ne dit-on pas qu’il faut se méfier des apparences ? Pour autant, au fur et à mesure que le spectateur découvre la face sombre de ce personnage, il lui trouve des excuses, des circonstances atténuantes, comme si il n’osait croire que, lui aussi, s’est fait berner par une allure impeccable. En cela, le choix de Karin Viard pour interpréter le rôle de Louise est une excellente idée. Comme dans « Jalouse » de David et Stéphane Foenkinos, elle met toute la sympathie qu’elle inspire dans le cinéma français pour contrebalancer la négativité du rôle et cela fonctionne admirablement. Une performance qui marquera sa carrière.

 

Pour son deuxième long-métrage, Lucie Borleteau n’a pas choisi la facilité mais impressionne par sa maîtrise à faire monter la pression. Elle fait planer sur son film une ambiance qui en fait sans doute l’un des plus malsains de l’année.

Par Simon Chevalier

Biographie : Lucie Borleteau

26 novembre 2019

Alors que son deuxième long-métrage sort en sortie nationale dès ce Mercredi au Cinéma François Truffaut, retour sur la carrière de Lucie Borleteau qui nous avait rendu une petite visite en 2016.

Après ses études à Nantes puis Paris, la jeune Lucie Borleteau s’essaye à plusieurs métiers comme scénariste, assistante réalisateur mais également comédienne – elle tournera notamment pour Bertrand Bonello dans « L’Apollonide, souvenirs de la maison close » et Tonie Marshall dans « Numéro Une ». Mais c’est la réalisation qui l’attire particulièrement et après 3 courts et moyen métrages, elle réalise son premier long en 2014.

« Fidelio, l’odyssée d’Alice » marque le cinéma français cette année-là avec un portrait de femme sans concessions. Nommé au César du Meilleur Premier Film, il est également présent au Festival Cinessonne où il est accompagné par la cinéaste et son interprète principale, Ariane Labed.

La réalisatrice est de retour dans l’Essonne et plus particulièrement au Cinéma François Truffaut 2 ans plus tard. Dans le cadre de « Portrait de Jeunesse(s) » toujours organisé par Cinessonne, elle vient présenter la série « Cannabis » qu’elle a réalisé pour Arte aux cotés d’une de ses consoeurs, la réalisatrice de « Crache cœur » Julia Kowalski.

 

Aujourd’hui, elle est encore en vedette dans notre cinéma avec son adaptation très attendue du Prix Goncourt 2016 « Chanson Douce ». Celle qui se dit maniaque avec ses acteurs concernant la fidélité au scénario a réuni Karin Viard, Leïla Bekhti et l’acteur que tout le cinéma français s’arrache en ce moment, Antoine Reinartz.

 

Avec ce nouveau film, l’histoire du cinéma François Truffaut croise une nouvelle fois la carrière d’une talentueuse réalisatrice dont nous espérons qu’elle viendra présenter sa prochaine œuvre dans nos salles…

Par Simon Chevalier